Le bonheur des montres rondes

Elle ne se souciait pas de l’heure, ni des jours, ni des minutes.
Mais sa montre était sacrée.

 

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La montre ronde est le cercle parfait, le début de la magie. Chaque point est à la même distance du noyau..., le passage dans un autre monde peut s’accomplir. La femme est la sorcière de cet espace, la maîtresse du temps, le début du jeu des aiguilles. Sa montre ne souligne plus la fragilité de son poignet. Elle annonce le rose, l’or, le nom de la rose et le temps perdu. Elle est la comtesse de Guermantes, elle porte le rose, l’or, le cuir, telle une noble celte voici dix mille ans, près d’une stupa d’Asie centrale. La montre bijou floral de Tiffany évoque la nature. Elle cherche le secret de la peau. Il est inscrit dans le nombre d’or de Ronsard : Mignonne, allons voir si la rose... 

Ainsi le cercle enferme, unité centrale du vaste ordinateur devenu notre mémoire.

Apprendre le cercle

La montre ronde fabrique le temps linéaire. Elle trace la terre tournante, le soleil et la lune déplacée, en fonction de la perspective humaine et des forces mystérieuses de l’univers auxquelles la pensée participe. La montre Rotonde de Cartier Jour et Nuit indique les phases de lune à l’aide d’une aiguille rétrograde en forme de croissant de lune. Chanel fait broder la maison Lesage, pour sa montre Mademoiselle Privé Camélia. Rose avec une fleur, bras nu, ovale, ombre chinoise, différentes couleurs, du vert nature au blanc indifférence, il y a recherche d’absolu dans un monde où la pureté est relative. Des millions d’étoiles se rapprochent. Les couleurs se joignent. Et le temps s’éloigne. Il est enfermé dans un joyau, un souvenir du temps des cavernes et du cri de l’auroch. Le luxe de la montre oublie les temps anciens puis les rappelle sous forme de pierres et de métaux parfaits. Des chiffres romains définissent le cercle et des bulles lumineuses définissent le bracelet, le temps est devenu figure discontinue de secondes et le diamant est inséré à quatre heures, tiers du cycle, signe de Jupiter. Crève-cœur et instinct de survie, les certitudes se sont enfuies, comme les gouttes de pluie sur les gouttes de sang, laissant les ombres de nos souvenirs, des formes, des nuits de rêves restituées par le cerveau.

La vérité est dans la courbe

The City... c’est le nom choisi par Burberry, c’est l’urbaine destinée à cet amour, pour désigner sa montre ronde. Le cycle perpétuel, la théorie de l’évolution et les choses de la grande ville s’inscrivent dans le cercle ainsi distingué. Le ton uni rend hommage à l’unicité de l’être et de son industrie. Big Bang..., c’est le nom choisi par Hublot, le mystère de la création, autour des montres et de leur première seconde inconnue. C’est cela, une mesure des choses. Il y en a d’autres dans la grande ville. Une goutte de pain, une dernière tentation de la faim ou du Christ. Car sans faim, il n’y a pas de vie, pas de début. La montre est un cercle, une vérité inscrite. Le dernier évangile du monde qui pèse nos âmes, qui compte à notre place. Le sens possible de notre monde.

Je n’est plus un autre, mais soi, moi, ma, me. Les codes de l’inconscient et du génome ont changé. Le diable est parti au loin.

La collection Transocean réinterprète avec l’esprit de nos jours l’esthétique des Trente Glorieuses et de leurs chronographes anciens. Les bracelets en cuir Barenia ou crocodile offrent une palette de teintes vives ou classiques. La femme, fille, petite fille, reine du monde, croit à l’algèbre et aux couleurs. Passent les siècles comme les siècles ruissèlent les torrents sur les flancs des montagnes. Les choses futures deviennent à l’identique. La femme reste pure, en apparence, simple, en réalité. Rien n’est compliqué dans la pulsion vitale, cercle à demi fermé, sur soi-même et ses passions. Elles sont désormais toutes admises. À une telle mutation, il fallait un environnement de correspondance. Culture, logique, méthode sont les fins mots de notre siècle.

Sur la route, les voitures sont vivantes. Les vapeurs d’essence sont notre liberté.

hopard décrit ces moments de grâce personnelle : les bijoux appuient nos rêves du voyage perpétuel. Lorsque la femme, mi-louve, mi-homme dévoile son vrai visage. Les diamants mobiles évoluent en liberté. Les mots sont ceux du bonheur qui ne s’arrête pas. Happy Sport Medium Automatique est une montre étanche jusqu’à trente mètres. J’irai au fond de mon esprit dans le lointain des eaux porter la bonne nouvelle : J’existe, et j’existe encore, pour toujours. Les indications de dates sont en lettres sur la D Day. 26 langues sont possibles. La force de cette montre, finalement très urbaine, est de jouer sur des couleurs apaisantes, proches de la nature apprivoisée. Breguet conte le bleu et le précieux, le précis et le multiple. L’originalité du dessin des aiguilles est une sorte d’initiation au temps du détail, vision du monde parfait. L’animal de Cartier devient l’âme du monde, de cette nature que l’on ressent extraordinaire, pensante, remplie de lumière. Le regard du perroquet est humain et mesure le temps secret.

L’intensité blanche

Les chiffres romains de Tiffany racontent la majesté de cet empire qui détruisit Carthage et s’imposa sur la banlieue de Londres. Un montage de diamants en deux cercles concentriques impose la puissance de la louve et les jumeaux alchimiques. C’est l’alchimie d’une civilisation qui est en jeu. La beauté de la forme est une entrée dans un monde supérieur d’unité transcendantale.Blanc et noir sont les couleurs du premier principe : le clair-obscur peut s’accomplir et le chant du coq maîtrise la grande plaine déserte. La femme est ce désert. Elle est le coq. Elle est le blanc et le noir, le soleil et la lune, l’origine du masculin et du féminin. En ces même lieux temps, Coco Chanel définissait les couleurs blanches et noires : couleurs de beauté absolue formant un accord parfait. Tout est dit par le mode binaire. Le contraire et son complémentaire ouvrent la voie de la femme et de sa volonté de pouvoir. La robuste céramique de titane blanche est parfaite pour le sport. La lune est décrite dans tous ses états, nouvelle lune, pleine lune et quartier. Sur le bord du cadran, les très belles lettres noires donnent le jour du mois. Ces montres nous rappellent que la femme est entière, prête à tout donner dans le même sens. Son intuition féminine est une sorte de sixième sens. Prévenue des dangers, elle vit l’intense par la couleur en totalité, l’identité unique et son double, le je du noir et blanc.

Colorées de pierres grises

Images de nos souvenirs, nous créons ainsi l’anticorps et l’antivoyage, de ce qui est né pour garder, pour faire resurgir l’heure véritable où nous sommes, dans une naissance de chaque instant, dans une matière que nous ignorons. Cartier a choisi 54 animaux autour d’une montre. Ce sont des broches qui peuvent être enlevées. L’animal est-il bienveillant ? Il est en correspondance avec notre cerveau reptilien. Il vit dans un autre monde, tapi au fond de la grotte obscure. Le porter en bracelet-montre, c’est accepter son identité forte, trouble, fauve et solitaire. C’est regarder la rue, l’arbre, la lumière avec un rythme cardiaque très lent. Nous sommes au cœur du monde originel. Le culte du soleil et de la nuit créent les premières ombres sur les murs. Ils seront bientôt peints. L’art existera pour nos passions les plus secrètes.

Notre siècle sera celui de la grande précision.

Le temps sera trouvé, la quête sera sublime. Il faudra chercher loin pour séduire les foules impudiques. Nous voguerons sur le chant du monde, nous sentirons en nous l’appel de cette merveille, du compartiment clé de notre mémoire. Reviendra le chiffre douze indiqué par des traits. Ils semblent simples, sur fond turquoise. Midi sonnera et les oiseaux pousseront des cris de bonheur.