Au service de l'Art

Après les expositions Baccarat, Graffiti Art et Creative Memory, Bernard Magrez nous invite au Château Labottière à partager une partie de ses acquisitions personnelles rassemblées dans La collection. C’est ainsi une centaines d’œuvres qui se présentent à nos yeux et à notre cœur. Car il s’agit d’une suite de coups de cœur.

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Parmi les noms déjà réputés dans le monde de l’art contemporain, on trouve des œuvres de  Bernard Buffet, Mircea Cantor, Johan Creten, Wim Delvoye, JR, Claude Lévêque, Steve Mc Curry, Jean-Michel Othoniel, Pierre & Gilles, Joana Vasconcelos, Xavier Veilhan, Yan Pei Ming. Des artistes émergents sont là aussi. Ce sont déjà des chefs-d’œuvre. C’est aussi une des raisons pour lesquelles Bernard Magrez s’est orienté sur l’art contemporain. Ce n’est pas seulement une question de goût. Mais il estime qu’il doit être partie prenante dans la création par la découverte de travaux d’artistes jeunes ou moins jeunes. Il s’agit du même type de mission car ma vie depuis plus de quarante ans n’a qu’un seul but : la perpétuelle recherche de l’excellence aussi bien dans les grands vins que dans l’art... Je veux rendre à la vie la chance qu’elle m’a donnée.

L’Institut Bernard Magrez, c’est tout un mécénat dédié à l’art. Pour favoriser son accès à tous les publics. Avec des programmes d’expositions, de résidence, de commandes et d’acquisitions afin de perpétuer cette quête de l’absolu et du savoir.

La collection nous démontre que l’art contemporain est profondément évolutif. Il nous offre une suite de sentiments qui vont dans toutes les directions. Nous ne sommes pas dans une pensée unique mais polymorphe. C’est le mélange de tous les genres, des influences ancestrales et nouvelles. Les œuvres sont à l’image de notre monde moderne, aléatoire, sensible, inventif, hors norme et atypique.

Bernard Magrez a eu cette phrase : Les œuvres d’art contemporain ne sont pas faites pour être agréables mais pour communiquer la pensée de l’auteur sans restriction. Je ne cherche pas à faire de l’élégance décorative dans cette collection.
C’est un fait. Mais c’est d’une beauté splendide. Imprégnée de cet équilibre grec de la forme et de la diversité. Lorsque les philosophes cherchaient le secret des nombres et celui de l’être, vivant sur une Terre dont on ignore toujours les grands principes, cent générations plus tard.

L’Art contemporain, je le répète, n’a pas mission d’être beau en soi. Il est d’une nature intellectuelle. C’est là où l’Art Contemporain modifie l’approche intellectuelle de chacun... L’Art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’Art.   

C’est vrai. L’art est créé par la pensée. Il vit de la pensée. Il sert à penser. La Venus de Milo ou de l’Apollon du Belvédère ne sont pas là seulement pour nous montrer des corps nus.  

L’art, c’est la volonté de l’émotion, le pouvoir du rêve au service de la force intérieure.  
Une statue, une peinture, c’est l’épuisement qui lutte contre l’épuisement, c’est l’espoir qui s’enfonce sur les chemins de la perdition. Au-delà de cette limite, passant, perd toute espérance, car commence ici le chemin de la réflexion.

C’est l’être humain seul face à son œuvre, à l’image du chef qui est seul face à son commandement. Regarder une œuvre d’art, c’est être son propre chef, son propre aveugle devenu voyant avec son imaginaire qui voit ce qu’il ne peut pas voir.

Le Christ savait-il, lors de son supplice, qu’il serait l’objet du plus grand nombre des œuvres d’art ?
Sa destinée a créé cette émotion que l’on ressent devant chaque croix, chaque retable, chaque piéta...

Bernard Magrez a vu l’art en grand, en moderne, avec chaque œuvre, chaque détail, reçus certainement comme un coup de cœur. Une collection, ce sont les deux parties du cerveau qui se rejoignent. Ce sont les liens très forts qui créent, à partir de la mémoire, l’émotion.  Et celle-ci vient de l’art.  On peut penser qu’il ne peut pas y avoir de mémoire sans émotion...
Il faut pouvoir graver en dur les instants de silence, les moments du regard, et ce souffle indicible, mélange d’angoisse et de passion devant l’œuvre.

Le transformation en nous-mêmes que nous offre La collection,  c’est la prise en compte par notre cerveau d’un art total, acronyme de la vie mélangée à la mort, du mystère de la naissance et de la création, de l’agneau mystique, comme le chat quantique de Roedinguer, à la fois vivant, mort, en attente de vie, de mort, de réincarnation dans un tableau qui peut mener au syndrome de Stendhal.  
C’est à dire la disparition de soi dans le tableau, de l’âme qui s’en va pour une période de temps, son corps qui disparaît pendant ce temps, et puis qui revient une fois le voyage exécuté. Stendhal a réellement connu cette expérience. Chacun a peut-être son œuvre d’art qui correspond à son passage.
Ce monde de l’art total et personnel d’un grand collectionneur nous est offert, comme une larme de cristal dans notre vie.