Au bon chic Vintage

Peut-on parler d’un retour du classique ? Ce style n’a jamais disparu. Il s’impose comme Trump en Amérique. La jeunesse connaît le prix du travail et des études. Elle veut ses futures Trente Glorieuses et ses codes identitaires, ses valeurs de liberté et de création en passe d’être réduites à néant si elle n’y prend garde. Et la mode, là, peut jouer un grand rôle.

Vinaora Nivo SliderVinaora Nivo Slider

Le goût est au Vintage. Lorsque personne ne savait s’il finirait guérillero à côté du Che, disc jockey ou courtier en grains dans un monde qui était déjà celui de la musique et de l’image et de la fin du communisme. On partait en boite de nuit avec Marie-Jeanne maman de Chinchon. Brigitte Bardot et Jane Birkin se faisaient photographier toutes nues par ce coquin de Vadim, et les ventes de Playboy explosaient, aussi fort que la dernière bombe atomique française ou le Rainbow Warrior. De toute façon, tout le monde croyait à l’explosion nécessaire de toute chose. Couleurs psychédéliques et sorbet fraise, transistors et tables en formica, époque angélique du Vintage, pétrie de bonnes intentions dans un monde où les filles libéraient leur corps avant de libérer le Vietnam.

 

De cette époque, il reste le Burberry, les costumes en flanelle, le beau cuir des chaussures et la touche atypique de l’accessoire chic.

 

Le Vintage, c’est aussi le rappel du plein emploi et du sourire de Jacqueline Kennedy montant sur le yacht d’Onassis.
Ce sont les perles, dentelles, tulles, le classicisme des danseuses...  côté rétro, c’est  l’élégance à la Audrey Hepburn.

Le noir triomphe à nouveau, image du côté minéral de la vie moderne. Convergence de toutes les couleurs parce qu’il les annule. Il laisse l’âme libre de voguer sur la steppe financière ou amoureuse.

L’ambiance est aussi au retour aux valeurs sûres.
On s’offre une belle pièce d’une maison de couture,
on joue le style genre diamant noir, on recherche l’unique, dans cette grande vague de résilience à l’inconnu du futur. Côté fatal et sublime d’un autre visage du Vintage.

 

Le monde du luxe et de la mode assouvit ce désir inconscient de beauté et de conquête, avec ses matières nobles, ses coupes à grands coups d’épée et de ciseaux pour marquer la différence.

 

La mort de John Lennon et de David Bowie deviennent de lointains souvenirs. Le rock and roll américain chanté par des géants blonds en treillis au bord d’un hélicoptère qui mitraillent tout le monde devient une banalité. L’homme met en valeur son côté mâle.

 

Après l’éternel féminin, c’est l’éternel masculin. L’homme est vêtu de flanelle et de cachemire, il a cette séduction nonchalante de l’élégance italienne.
Il porte des chaussures tout droit sorties des collèges anglais, avec cette souplesse jeune au bonheur pur, sans équivoque ni question sur nos origines, nos amours et nos ambitions.

 

C’est là que le Vintage rejoint le sentiment classique. De la juste mesure, du goût du détail, de la forme mouvante et volontaire.

 

C’est le retour absolu du bécébégisme avec la totale bientôt annoncée : chevalière et foulard Hermès, cheveux courts et mèche rebelle pour les hommes, cheveux sagement attachés pour la femme.