La Vallée des Peintres

L’impressionnisme, c’est la volonté de se réaccaparer le souffle du vent et la joie simple du monde rural, à l’air libre, à l’écoute des saisons et du temps, le vrai, celui qui mène à produire du blé, du vin, dans des villages dont les rues n’ont presque pas été modifiées depuis les croisades.

L’impressionnisme, c’est le la démocratie culturelle. Parce que cette nature, elle semble ne pas avoir de religion, puisqu’elle n’est pas tenue par un dogme. Le domaine de l’Idée est assimilée à l’émotion devant un coucher du soleil, au début de la nuit, cela représente ce que l’on pense de l’indicible.

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Ce n’est pas un hasard si les peintres impressionnistes sont souvent issus du milieu d’affaires. Monet fils de banquier, Eugène Alluaud, fils de fabriquant de porcelaine... Un nouveau code de la réalité apparaît. Le naturalisme. Il s’oppose en fait à la légende pieuse du Graal. On montre des femmes qui ne sont pas livrées aux lions à la recherche de la Sainteté. Mais des femmes dans les actes quotidiens qui sont en sueur à la fin de la journée.  Et la nature aussi, elle se met à exhaler . Elle est pleine d’odeurs qui sont comme des couleurs. Elle détient la vérité du monde parce qu’elle est remplie de forces qui germent comme dans le roman de Germinal. L’impressionnisme, c’est la victoire du peuple et des gens. Du plein air. On n’est pas dans le ludique aristocratique, mais dans le repos du dimanche, lorsque les reflets de la terre, entre l’eau et le soleil, sont à tout le monde.

L’urbanisme commence alors ses ravages et sépare les classes sociales en lieux géographiques différents. Tout le monde cherche la nature réconciliante. Elle seule détient la vérité et l’apaisement.

 

L’invention de la peinture en tubes a permis aux artistes de partir de leurs ateliers en ville pour analyser la campagne. Mais ce n’est pas suffisant pour expliquer l’école impressionniste. Elle repose sur autre chose. Sur une évolution bien plus profonde de notre conscience.

Lorsque le monde moderne est arrivé. Avec le moteur, les trains, les mitrailleuses, les ouvriers syndiqués.
La photographie va modifier l’art du reportage et notre vision morale.
Il faut retrouver le goût des fleurs qui poussent à la diable au bord des chemins. Il faut  redécouvrir ces paysages pour les peindre. Mais depuis Waterloo, l’économie prime sur la propriété terrienne. Un ouvrier qui crée son usine et réussit à vendre ses produits gagne plus d’argent que le châtelain qui cherche à marier ses filles à des notables locaux. La bourgeoisie se passionne, non pas pour ses ancêtres, qu’elle connaît peu, mais pour la réalité du présent. Elle aime la sociologie, le commerce, l’agriculture moderne qui affronte déjà les marchés internationaux. Son champ de bataille est là dans le productivisme. Et les peintres impressionnistes, en venant se ressourcer auprès de la  Creuse, sont les témoins de cette évolution des choses, face à un cadre immuable.

 

Au fond des vallées, on entend un léger bruit venu des rivières toujours froides. Elles fourmillent de poissons. Les reflets du soleil se mêlent à ceux du vent pour faire vibrer la chaleur venue du sol. Il n’est même plus besoin de parler. C’est la nature qui se parle toute seule. Elle se modifie au fil du jour et rien ne change. C’est le mystère de la nature et de ses cycles. Ils sont immuables. Les impressionnistes se rendent compte alors que la matière est vivante. Elle correspond avec l’humanité dans un même secret qui est peut-être celui de la molécule, on ne parlait pas alors d’A.D.N. Ni d’écologie.

La volonté de l’homme n’avait pas modifié ce qui existait depuis la création des contreforts du Massif Central. Monet était toujours à la recherche de cette lumière changeante qui exprime une autre vérité du temps. Et ses amis peintres venus dans la Vallée de la Creuse voulaient voir la vie et la rivière. Ils ne pouvaient détacher les yeux des paysages préservés. Ils peignaient comme déjà on photographiait. À la recherche de ce temps à la fois présent et passé. C’est une suite de gouttelettes infinies, celle de la rivière de la Creuse, marquée sur les cartes Vidal et dans toutes les écoles primaires, où l’on apprenait les départements et les cours d’eau importants. Pour expliquer une société qui entrait dans le monde de l’industrie, du commerce et de l’instruction.

 

à Crozant :
• à l’Arboretum de la Sédelle, le 17 juin  : Les Rencontres de la Sédelle
Première édition avec Francis Hallé et Gilles Clément
www.arboterumsedelle.com
• Centre d’Interprétation du Patrimoine / Hotel Lépinat / hotel-lepinat.com
Pour tous renseignements : Office de Tourisme, de la Vallée des Peintres
Tel. : 05 55 89 24 61