On a retrouvé la parole perdue

Le château de Malromé fut la propriété des Toulouse-Lautrec. Le peintre venait pour l’été, il restait jusqu’aux vendanges, il dessinait sa mère entourée d’hortensias, il peignait les scènes de vendanges. Au soleil des journées qui passaient, il regardait l’éternité intimement noyée dans la vie. Il avait cette distance de l’artiste par rapport à ses éléments préférés.

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Il cherchait par instinct une autre vision. Son œuvre montrait la réalité des situations difficiles, afin de toucher l’ultime vérité des personnes. Peintre réaliste, il montrait tout. Émouvant, actif et réfléchi, Malromé était son refuge. Il partit vers d’autres cieux à peine âgé de 37 ans.
En reprenant le domaine, Amélie et Mélanie Huynh voulaient rester fidèles à cette tradition de l’état de grâce. Pour valoriser la lumière de ces vieilles pierres et de ces vieilles vignes qui venaient de l’époque de la Renaissance. Elles avaient envie de proposer un autre regard sur l’œuvre de Toulouse-Lautrec et valoriser des œuvres contemporaines hors du commun.

Jérémy Demester nous révèle ses tableaux teintés d’ésotérisme. Ce sont les anges cachés qui apparaissent, les dieux oubliés, la lune et le soleil invaincus. Ils prennent la place de notre esprit et nous permettent ainsi de mieux voir, la main tendue vers le ciel.
De cette chaleur puissante, le flou rejoint le distinct, lorsque la bête hante le monde avant d’être vaincue par un visage indifférencié entre le bleu et le sable, le noir et le rouge.
L’unification ne se fait pas dans une seule dominante, les couleurs sont traitées elles-mêmes au nom de la diversité. Elles présentent certains états variés de l’infini. Les angoisses secrètes se taisent. Tout est feu intérieur. Un assemblage de microcosmes ayant chacun sa finalité se dirige vers le macrocosme où d’autres objectifs prennent naissance. Comme si l’éternité était une question de perspective, comme si la peinture devait poser l’interrogation de son rôle par rapport à la durée et l’intensité des choses.
Le monde est vivant. L’art est vivant. La vie est alchimique. Elle procède de la transformation de la matière, et notre vision est une matière qui se transforme. Par l’intermédiaire de la demi-nuit et du demi-jour, Demester va derrière ses propres yeux. Pour nous montrer le dernier visage derrière la matière apparente, parce qu’il nous faut arriver un jour à saisir le secret de la nature, de ses feux qui roulent dans la nuit, lorsque nos regards sont en plein jour. Et le peintre peut alors nous transmettre ce qu’il a vu derrière la colline. Juste après le feu qui ronge le cœur de sa tendresse inconnue.

 

Au printemps à  Malromé  /  Jérémy Demester  /  21.04.2018 – 24.06.2018

 

Tadashi Kawamata va nous démontrer ces intégrales et ces fonctions d’une matière, le bois, qui se déclinent comme une conjugaison latine, dans une langue qui nous parle mais qui est presque oubliée. Il raconte ainsi le secret des choses cette fois-ci assemblées, pour changer de fonction, de lieu, de temporalité et de courbe utilitaire.
C’est comme s’il nous proposait une réalisation structuraliste de la pensée de Teilhard de Chardin. Le monde évolue en allant du simple au complexe. Du parfait au plus que parfait. Le nombre d’or est toujours respecté. La suite infinie est celle des nombres. Les teintes se juxtaposent. Et le chant du cygne apparaît derrière le miroir de nos idées.
Tadashi Kawamata, par ses œuvres constituées de bois, nous donne un autre point de  vue de l’espace, tourné sur la contemplation lorsque l’on a perdu ses premiers repères, et que l’on va ainsi récupérer un bout supplémentaire de conscience. C’est une réflexion intense sur la transformation de son identité, et sur la constitution de toute matière, de tout décor. Et n’est-ce pas là le langage des grands initiés, le Christ, Bouddha, Socrate, qui vont au fond de l’habitude pour la bouleverser et nous montrer des chemins de la pensée libérée de toute norme inutile ?
L’enjeu, c’est toujours de peindre et dépeindre la vérité. C’est un travail d’artiste philosophe.  Vers l’abstraction  des beaux gestes, vers la structure de l’arbre, vers la jonction polymorphe de formes diverses et atypiques, car derrière le rare se cache peut-être une image divine.

 

Pendant l’été à Malromé  /  Tadashi Kawamata  /  07.07.2018 – 30.09.2018

 

Angélique de Chabot porte bien son prénom. Elle nous fait aussi participer à cette longue quête menant à l’absolu du regard sur les choses. Le secret de la nature que l’on cherche encore parce qu’on ne l’a toujours pas trouvé. Et si notre civilisation est belle, c’est peut-être parce qu’elle a ce sens du tragique face à l’inconnu, de la beauté et de la mort, de l’arbre, du bois et de la matière transformée.
Lorsque les formes étranges et monstrueuses représentent la première conscience. Lorsque chimères, crustacés, anges, totems décrivent la route à prendre, tel Kerouac,  pour retrouver son âme. Celle-ci peut reposer sur l’objet, sur la vision de l’objet, sur le rêve de l’objet qui perd alors un sens matériel trop évident, afin de retrouver la pensée féminine de la modification génétique, touchant la vie et les jeux du croisement et les destinées des mondes meilleurs.  
Cette tentative de vouloir peindre ce que l’on voit, cette recherche de la vérité ultime, elle est bouleversante. C’est l’humain qui veut offrir aux autres humains.
Les visions de ces trois artistes peuvent nous poursuivre comme un rêve. Elles racontent nos vies, nos parcours autour du monde ou de notre jardin, autour des gens que l’on aime, ou que l’on ne voit plus, parce qu’ils sont partis plus au loin.

 

Durant l’automne  /  Angélique de Chabot  /  05.10.2018 – 16.12.2018

 

Adèle et Maison Darroze

La salle du restaurant s’ouvre sur la cour intérieure du château et sur une jolie terrasse avec vue sur les vignes. La carte est simple, toute en finesse. Toute en couleurs.

En entrée, vous pourrez choisir entre foie gras de canard, thon rouge, asperges, et autres produits qui auront pour but de vous mettre en appétit par leur bonne tenue. Ensuite, les plats continueront d’offrir une touche exotique et une bonne saveur de terroir français. Tout est fait maison, y compris les excellents desserts, et en fonction des approvisionnements sur le marché.  

Jean-Charles Darroze dirige l’ensemble et le Chef David Delieuvin, est un passionné des sauces, formé chez Michel Troisgros.