Où vont les eaux du fleuve ?

En ouverture, le 20 juin : La Fête du Fleuve. Pour clôturer, le 20 août, le spectacle Ex Anima de Bartabas. Entre les deux: 120 manifestations et 25 expositions, 10 parcours, moult spectacles et soirées… pour fêter le concept de Bordeaux Liberté !

Ce point d’exclamation est important. Il exprime le champ d’émerveillement du citoyen, face au monde bordelais qu’il façonne avec sa conscience, à la suite des Bordelais Montaigne, Montesquieu, Mauriac et Serge Lama.

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LIBERTÉ DE BOUGER

Le Bordelais n’est pas seulement un consommateur-producteur venu tout droit du chasseur-cueilleur des grottes de Dordogne. C’est un individu libre, qui ne cède pas sur son sentiment d’autonomie et son droit de penser comme il veut, même en secret. Il habite une ancienne capitale des Anglais, il est apte à suivre tous les champs de l’émancipation et de la réflexion artistique, du renouvellement des savoirs et des apprentissages, jusqu’au dépassement de soi-même et au surf, au skate, à tout ce qui va remodeler la sensation de la vitesse de son corps.

 

Bordeaux et son port autonome, ses grands voiliers qui s’installaient le long des vieux quais, pour le commerce et l’aventure. Bordeaux l’ancienne capitale du royaume d’Aliénor, la reine toute mignonne et libre de mœurs, elle fut emprisonnée par son mari, mais intrépide, elle continua de comploter contre lui. C’était une femme libre. Bordeaux fut sa capitale.
Bordeaux, ce fut aussi, 1944, Jacques Chaban-Delmas, une allure de sportif libéré, général de la Résistance et de 29 ans, il symbolisait l’espérance : tout peut se faire, beaucoup de choses sont permises lorsqu’il y a la gentillesse.... Le monde moderne des Trente Glorieuses commençait à tracer une autoroute où le chant des possibles allait mener aux L.G.V. , L.G.B.T. Le vent du commerce et de la liberté triomphent  de plein droit sur les Quais de la Garonne. Comme un vent de mondialisme. Comme un souffle de méthode nouvelle.

 

LIBERTÉ DE CRÉER

Du 5 au 7 juillet, ce sont près de 40 lieux d’art contemporain qui rayonnent dans la ville. Le W.A.C. propose 6 parcours créatifs pour guider le public du Nord au Sud de la ville.

 

Le Musée des Arts décoratifs accueille l’exposition Memphis-Plastic Field  présentée à la Fondation Berengo lors de la Biennale d’architecture de Venise en 2018. Le mouvement Memphis a bousculé voici quelques décennies les principes de la décoration intérieure.

 

Il a le mérite de continuer à explorer les possibilités et les impossibilités nouvelles, parce que c’est là sa nature, aller de l’avant, en situant les nouveaux besoins des gens dans un monde qui change très vite, de plus en plus vite. La liberté, c’est aussi la capacité à ne pas devenir sclérosé.

 

Chahuts, le festival des arts de la parole offrira spectacles, rencontres, échanges, détentes au bar du Cloître, au café Permentade, et bien ailleurs, un peu partout, car l’esprit, comme le souffle de la joie, circulera un peu partout dans Bordeaux.   


Le CAPC s’associe avec la CIBDI d’Angoulême et la Fondation Gandur pour l’Art de Genève pour une exposition sur la bande dessinée et l’Art contemporain et l’évolution de la figuration narrative.

Le collectif Yes We Camp composera l’activation artistique du Quartier Général de la saison culturelle à partir de l’Hôtel de Ragueneau.

 

Boris Charmatz présente au TnBA le spectacle anti-musée chorégraphique 10.000 gestes ainsi qu’un duo avec Emmanuelle Huynh.  Deux autres artistes, Raphaëlle Boitel et Léo Valls poseront une empreinte de mouvement sur la ville entre skate et parkour ou free running échauffement public.

 

LIBERTÉ DE RÉFLÉCHIR

Ce que recherche avant tout l’humain comme l’animal et peut-être les étoiles, c’est ce sens de l’infini que l’on trouve dans une respiration libre, dans une joie de vivre sa destinée en se reconnaissant maître de son destin, hors de toute aliénation. Il s’agit d’un travail subtil, d’une prise de conscience qui s’installe durant deux mois à Bordeaux : Montrer ce que liberté veut dire.  À la recherche de notre art profond, et de l’inconscient collectif de notre société. C’est un discours dépassant le cadre d’une fête normale.

 

Si l’on regarde la programmation des événements, on voit que tout se juxtapose. Avec les sensations de l’esthétique. Le sentiment de ce souffle de l’esprit façonnant l’être libre, tout au moins relativement libre. Car l’est-on jamais assez ?  Quelle est la liberté du surfeur face à la vague et au requin ?

 

La liberté par rapport aux autres, que devient-elle ?  Il n’y a pas de code moral de la liberté. Il y a toujours nécessité de surfer, de bouger,  en jouant sur son corps pour ne pas se noyer ou disparaître dans la société. Il faut se recomposer toujours dans un cadre de contraintes, entamer alors le jeu du possible, même si certains codes  évoluent avec le temps.


Le cheval représente-t-il alors la liberté ? Le sentiment de la force et de l’affection fidèle, même si nos amies les bêtes ne sont fondamentalement pas libres parce que domestiquées par nous-mêmes. Alors se pose la question de la liberté consentie et de la liberté artistique, en sachant que l’art n’est lui-même pas forcément libre, mais fruit d’une culture que l’on a dû un jour ou l’autre accepter. Que reste-t-il par exemple de la musique des années 70, du vent de liberté  des hippies, des ruptures non conformistes et de la liberté amoureuse ? Toujours on en revient à l’esthétique, qui peut se définir comme la somme des possibles mise en forme par la volonté de puissance contrôlée, analysée, ressentie par le regard, avec en trame de fond, la nécessité du contentement social. Les objets vont prendre des couleurs flashies, les artistes voguer dans les arts à la force de leurs bras et de leurs jambes, c’est bien une esthétique qui revient au grand galop avec les formes et les gestes parfaitement artistiques de l’acteur, de l’actrice, de la jambe, du meuble, et de l’air de piano où la mélodie s’inscrit entre les espaces d’harmonie et les sphères célestes.

 

C’est peut-être là où Bordeaux définit le mieux sa liberté ; par le sentiment du geste artistique parfait, celui du surfeur, celui de la jeune fille nue qui tient ses cheveux, de celle qui face à la mort tend ses bras dans un geste qui reste tout aussi romantique, avec ces illuminations du vieux port et les éclats de ses artifices sous forme de feux croisés dans le ciel, et de maisons silencieuses, entourées de forêts, au bord d’une mer qui nous mène on ne sait où. Peut-être au bout de nous-mêmes, dans le début de la reconstruction de notre culture pour le 21ᵉ siècle.